Chroniques du cabaret d’hiver.

Avant-propos

Voici maintenant presque deux années pleines que le Cabaret d’Hiver a débuté, un peu par hasard. Il a vite revêtu les atours de soirées mensuelles qui se déroulaient durant la froide saison, à Terre Blanque [www.terreblanque.org], ce vaste fourre-tout alternatif qui, à ce moment, nous servait de lieu de vie autant que d’espace d’expérimentation.

Le collectif des Errances s’est formé durant de ces folles nuits passées en scène, en cuisine, en salle, au bar ou plus souvent à déguster quelque douce liqueur au plus près de la majestueuse cheminée de la grande salle. Perçu dans un premier temps comme organisateur du cabaret, ce groupuscule mal défini et sans cesse mouvant a développé, et ce dès ses origines, de pressantes envies de d’itinérance, et de délocaliser la formule.

Le premier moyen de communication cabaretière, outre le bouche à oreille en direction de nos amis et voisins qui constituaient notre réserve de cobayes, se trouvait être l’imposante mailing-list Terreblanquaise riche de plus de 3000 entrées. Ainsi donc votre fidèle Lucien, serviable et courtois comme toujours (des nèfles, ouais, grommela Louvreur, un ami du Baron et squatteur patenté. Preuve en est, il a réussi à squatter jusqu’à cette introduction, refusant obstinément de fermer cette maudite parenthèse. Me voici contraint de continuer ainsi, au risque de me faire voler la vedette. Et voici que je ne sais plus où j’en suis.

– « Ainsi donc … »

– Merci Louvreur. Ainsi donc votre fidèle Lucien, serviable et courtois comme touj…

– ttttt !

– … comme parfois…

– Mouais.

– Enfin ça peut arriver à tout le monde d’être serviable et courtois.

– En scène, certainement, mais en dehors de ça, ha !

– enfin bref votre humble serviteur…

– Humble ? Serviteur ?

– … entamait de rédiger un mail d’annonce de l’évènement, totalement inconscient des rouages monstrueux entre lesquels il venait de glisser un doigt imprudent. La machine infernale était lancée. Dorénavant était attendu de la part du pauvre maître de cérémonie un billet mensuel à la fois drôle et élégant.

– T’est encore en mode troisième personne, mon pote, me coupa Louvreur.

– Mais c’est une figure de style, et ça fait…

– Ca fait mégalo. Allez, continue.

– Bon. Lucien s’en … Je m’en sortais plutôt pas mal, tout compte faits, avec une petite chronique qui amusa la galerie un petit temps. Ces petits textes étaient plutôt courts au départ, se cantonnant à de simples invitations élégamment formulées sensées permettre aux public nous découvrant d’avoir un aperçu des ambiances développées. Peu à peu, les textes se sont allongés, le style densifié et les simples descriptions sommaires sont devenus des petits tableaux en eux-mèmes, avec l’apparition de personnages récurrents, de lieux… Mais, vous êtes qui vous ?

– Moi c’est Bouchon. ‘lut mon gars !

– Mon gars ? Mais je ne vous permet pas…

– T’inquiète, c’est un pote, intervint Louvreur. Enchaîne, tes lecteurs attendent.

– … de lieux étranges, d’ambiances feutrées de… Mais il fait quoi ici, ton pote, au juste ?

– Ben comme moi, il attend les autres.

– De quoi, les autres ?

– Salut !

– Salut !

– Et qui sont ces deux là ?

– Moi c’est Mimi Pied-de-Biche, elle c’est Sonia Maraude, une sœur.

– Ah, intervint Louvreur, ignorant superbement les deux Filles de la Nuit qui venaient de faire leur entrée. Voici les copains squatteurs de l’Antre du Satyre, ils ont ramené un cubi.

– Mais enfin, plaidais-je, c’est mon avant-propos, quand même.

– Qu’essqui veut, le propriétaire ? Un lampadaire en guise de balançoire ?

– Enfin mes amis, argumentais-je péniblement, quand une demi-douzaine de randonneurs en costume traditionnel bavarois passèrent juste sous mon nez, lançant chacun un salut joyeux en forme de « ‘morgen ! » claironné sur chacun des tons de la gamme majeure, exception faite du quatrième, allez savoir pourquoi.

C’est à ce moment qu’excédé par ces interventions, je quittai les lieux en claquant sauvagement la parenthèse.)

Mes chers petits amis, amusez vous bien de ces quelques chroniques, et à très bientôt pour de nouvelles aventures.

Lucien Trotzdem, MC

PS : Vous trouverez tous les billets mensuel du cabaret d’hiver dans nos [archives].