Bavouillages baronesques

« … Et là vous faites erreur car, parmi tous les êtres, parmi toutes les bêtes et les choses plus ou moins définissables qui composent cette noble assemblée, je suis sans nul doute le plus croyant. Un vrai homme d’église vous dis-je!

Car je crois, oui je crois en les effluves émanant de ce goulot, et dans les volutes lancinantes et épicées qui viennent a moi depuis le porte cigarette turgescent du bon maitre Trotzdem .

Et je crois dans l’irritation de mon sinus droit, prélude a d’incomparables agencements moléculaires qui, tel mille étoiles en conjonction, vous nimbe, ô sordide assistance, de la lumière des premiers jours de l’univers…

qu’on m’apporte les saints sacrements! LES SAINTS SACREMENTS!

Videz vos poches vous dis-je… j’ai grand besoin d’être traversé par la parole divine…

Ça y est! Ha! Je vois!

Je vois Pan ithyphallique, marquant minuit a la pendule, métronome battant la mesure de nos débauches contre la roche des cavernes primordiales a l’aide de son puissant et majestueux sceptre.

Je vois les nymphes, égéries de John Waters, qui farandole pendant que Christine Boutin

s’étouffe dans ses glaires face a tant de chair non normée!

Que c’est beau.

Oui, mesdames, messieurs et tous les autres, je suis croyant!

Je crois en Joel grey!

Je crois en Richard O’brien!

Je crois en Ravachol et en l’insurrection qui viendra! Ou pas!

J’invoque Eros et Aphrodite, et les phéromones émanant de la subtile crasse des corps désirant augure d’une sublime mécanique des fluides qui annonce, mes bons droogies, rien de moins que la grande partouze cosmique finale! »

Le baron arrache sa chemise, baisse son pantalon, tombe, convulse et se pisse un peu dessus; Molette lui donne des petits coups de pied d’un air dubitatif; le baron se relève et reprends une activité «normale»

Le Baron Noir (comme son chapeau, son café et ses fonds de culottes).